Concert en Partenariat Arsenal – Fondation Jeunes Talents : Duo Raphaël Jouan Violoncelliste et Bruno Maurice Accordéoniste

Fusion inouïe du souffle et de l’archet, des cordes et des anches, le duo Bruno Maurice et Raphaël Jouan est révélé en 2017 au Festival de Musique des Arcs. Les deux artistes de notoriété internationale s’associent dans une sensibilité et une virtuosité hors du commun.De Jean-Sébastien Bach à Astor Piazzolla, de Bruno Maurice à Nino Rota en passant par Anton Dvorak ou Gus Viseur pour une valse musette, le duo inspiré et improvisateur transcende toutes les musiques dans un jaillissement de chaque instant.

Bruno Maurice joue sur un bayan, un type d’accordéon inventé en Russie en 1907. La philosophie même de sa conception repose sur sa faculté à permettre le lien entrepopulaire et savant. Pour cela, le clavier gauche a été considérablement enrichi, lui permettant de garder les spécificités des accordéons folkloriques (avec la fonction « basses standard, accords fixes ») et d’offrir à la fois un mode mélodique (par déclenchement mécanique).La tessiture du clavier droit a été considérablement augmentée, allant jusqu’à 7 octaves, et la registration, calquée sur celle de l’orgue, permet de colorer le jeu de 19 registres (cf. le bayan « Appassionata » de Bruno Maurice). La conception des anches a considérablement évolué et permet une souplesse du jeu et des nuances incomparables aux accordéons traditionnels.

L’association entre un accordéon (« instrument du peuple ») et un violoncelle (inventé pour la musique dite « savante ») amène indéniablement par sa grande polyvalence un croisement des publics et des esthétiques.Déjà à la fin du siècle dernier, le célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovich et l’accordéoniste Yuri Kasakov jouaient dans de centaines de villages russes interprétant aussi bien des airs folkloriques que J.S. Bach, la musique classique inspirée du folklore, ou encore la musique contemporaine. C’est sur ce modèle que nous vous proposons ce voyage musical entre les genres et les époques.

 

 

Duo Raphaël Jouan Violoncelliste et Bruno Maurice Accordéoniste


Mardi 20 Septembre 2022 à 20H
Arsenal Salle de l’Esplanade Metz
Location Billetterie : Tél. 03.87.74.16.16


Programme :

Nuage (Bruno Maurice et improvisation)
3ème Sonate pour viole de gambe et clavecin BWV 1029 (Johann Sebastian Bach)
Silent Woods (Anton Dvorak)
Grand Tango (Astor Piazzolla) 

Entracte

Rhapsodie Hongroise op. 68 (David Popper)
Œuvre en création mondiale (Bruno Maurice)
Trois valses : Indifférence (Tony Murena), Valse Dombelle (Marc Perrone),
Flambée Montalbanaise (Gus Viseur)
Nino Suite (Nino Rota / Bruno Maurice)


Nuage et Fratres, qui débute ce concert, est une œuvre qui nous plonge dans de longues et mystérieuses contemplations, et installe une ambiance très particulière, où le public va se familiariser avec une multitude de sonorité originales résultant de l’association entre ces deux instruments. Elle utilise un jeu largement improvisé, partant de la naissance même des sons, nous emmenant de souffles en frottements subtils à univers tempétueux.

Les Sonates pour viole de gambe et clavecin de J.S. Bach datent du milieu du XVIII ème siècle et font partie de sa dernière période compositionnelle. La 3ème, en sol mineur, est parfois considérée comme un « 7ème Brandebourgeois » tant sa forme est similaire aux concertos. On admire ici toute la maitrise du contrepoint de celui qui sera le père spirituel de tant de générations de compositeurs.

Près de 150 ans plus tard, à l’occasion d’une tournée slave, le compositeur tchèque Antonin Dvorak arrange Waldesruhe (Silent Woods) pour le jouer avec son ami violoncelliste H.Wihan. Cette œuvre est une de ses premières compositions pour violoncelle, quelques années avant son fameux Concerto opus 104, dédié au même violoncelliste. Il s’agit d’une pièce tirée du cycle pour piano à 4 mains « From theBohemian Forest », paysages qui marqueront le compositeur toute sa vie.

Le XXème siècle voit fleurir un grand nombre de compositeurs qui s’inspireront des musiques populaires.Un des exemples les plus évidents est Astor Piazzolla, compositeur argentin et joueur de tangos. En 1954, il vient se former avec Nadia Boulanger à Paris dans l’espoir d’être le prochain Stravinsky ou Bartók, mais peine à trouver son propre style. Finalement sur les conseils de sa professeure, il construira son langage basé sur sa musique populaire : le tango, mais sans oublier sa formation « classique » dont il se nourrira constamment.Ainsi, Bach tient une place bien à part dans ses inspirations(utilisation de contrepoint, marches harmoniques baroques, rythmes de danses anciennes etc…). En 1982, il compose sa seule œuvre pour violoncelle, le Grand Tango, pour Rostropovitch, avec lequel il aurait rêvé jouer…

David Popper est l’un des plus célèbres violoncellistes de la deuxième moitié du XIX ème siècle, et sa Rhapsodie Hongroise sans aucun doute son œuvre la plus connue. Forme rendue célèbre par Franz Liszt, elle utilise ici le même style rhapsodique, quasi improvisé, très virtuose, alternant Lassan poétiques et narratifs avec Frishka pleine de brio !

Musicien, compositeur et improvisateur, Bruno Maurice saisit les opportunités de jouer avec les orchestres et les grands solistes qu’il croise, pour écrire et leur dédier de la musique qu’il jouera avec eux.C’est ainsi qu’il a composé trois concertos avec orchestreà cordes : « Cri de Lame » pour accordéon, « Turbulences » pour accordéon et clarinette(Jacques Di Donato) et « Aquarius » pour accordéon et bandonéon (José Luis Mosalini). Pour son nouveau duo qu’il forme avec Raphaël Jouan, il a proposé de composer tout spécialement une œuvre dont ce concert sera la création mondiale.

Bruno Maurice aborde le style musette français à travers une transcription de trois valses très populaires de Marc Perrone, Gus Viseur et Tony Murena. L’accordéon et le violoncelle donnent à cette suite de « friandises musicales» une dimension à la fois canaille, nostalgique et poétique.

Faire naître l’image de la musique, voici une belle devise du compositeur aussi bien que de l’interprète. Dans ce domaine, Nino Rota fait figure de maître. Il a composé onze opéras, six ballets, quatre symphonies, un grand nombre de concertos et d’œuvres de musique de chambre, et parmi ses œuvres les plus remarquables on retrouve également de nombreuses musiques de films, inspirées du jazz, de la musique de cirque et des fanfares. Les plus grands réalisateurs, dont Federico Fellini lui doivent une immense part de l’âme qui habite leurs films. Nous retrouvons dans Nino Suite un véritable paysage musical revivant La Strada, Le Guépard, Le Parrain ou encore La Dolce Vita…